23 janvier 2016

Faut-il être un physicien d'Harvard pour savoir manger équilibré ?


Il y a des moments où je me demande vraiment s'il ne faut pas être Einstein pour réussir à manger sainement et équilibré, parce qu'entre tous les nouveaux articles qui défilent chaque semaine sur nos timelines et qui viennent totalement contredire les articles qui défilaient le mois précédent, on ne sait plus quoi croire ou penser. Un coup on nous dit d'arrêter le lait de vache, et puis non, deux semaines plus tard, c'est le contraire parce que finalement le lait d'amande est une véritable arnaque ... oui mais attendez, que le lait d'amande soit une arnaque soit, mais est-ce que le lait de vache est devenu tout à coup moins "mauvais"?

On peut surtout se demander si le plus dangereux dans tout ça ce ne serait pas ces petites guéguerres de lobbying qui, même si elles sont cachées aux yeux du citoyen lambda, ont pas mal de répercussions dans les médias, sur les votes de lois et le débat public. Parfois je m'imagine ces petits bonshommes des lobbies de l'agroalimentaire, des OGM, de la production de lait, du nucléaire, des pesticides, et j'en passe, se chamailler comme des enfants Scavo bien infernaux et jouer à la marrelle, au ping-pong ou au guignol avec les journalistes et les députés. Un vrai bazar ( pour rester poli )!

Et puis s'il n'y avait que cela ... mais on doit faire aussi attention à notre consommation de café, d'alcool, de sel. Ne parlons même pas du sucre, on pourrait en faire un volume entier d'encyclopédie! Aujourd'hui on ne parle plus de sucres lents et sucres rapides, mon dieu non! C'est tellement 2010! On scrute plutôt l'indice glycémique de chaque produit ( je vous invite à taper ça sur Google je vous promets c'est une vrai casse-tête! ) et l'on évite les IG élevés qui augmentent la production d'insuline, qui récupère trop de glucose dans notre sang pour en plus le stocker en graisse, et qui finalement crée une hypoglycémie réactionnelle qui se traduit par un bon coup de fatigue et une irréprécible envie de se regoinfrer de trucs sucrés, bla bla bla et bla bla bla! Oui oui maintenant on doit faire attention à ça, mais bien sûr ça ne s'arrête pas là.

Si certains aliments ont certes un indice glycémique faible, il faut aussi porter son attention sur son pourcentage de lipides, car bien sûr ce détail n'est pas à oublier. Dans ce cas là aussi on doit différencier les types de graisse, animale ou végétale, saturée et insaturée, préférer les aliments riches en oméga 3/6/9 bons pour le coeur. Et non, il ne faut surtout pas éliminer totalement le gras de nos assiettes, c'est essentiel pour notre corps et protège nos cellules, mais bien sûr puisque rien n'est simple il faut se battre contre le cholesterol et se nourrir que de bonnes graisses ...

Ajoutons à cela les 1,5 litre d'eau à boire chaque jour, le respect des saisons pour nos fruits et légumes, les possibles intolérances au gluten chez certains, les réactions aux pesticides chez les autres, les résultats controversés du soja comme perturbateur endocrinien, etc etc etc et honnêtement j'ai peur pour l'état de santé de la mère ou du père de famille qui veut que sa famille mange sainement et qui, pour un menu pour 4 à 6 personnes, doit penser à toutes ces choses. Il y a de quoi devenir fou, non?

Cela ne m'étonne pas qu'avec toutes ces problématiques, les psychanalystes nous aient trouvé une nouvelle maladie dans les troubles de l'alimentation. Après l'anorexie et la boulimie, c'est au tour de l'orthorexie d'inquiéter les professionnels de santé, même si elle n'est pas encore présentée dans les manuels de psychiatrie, les médecins en parlent de plus en plus. D'après le Dr Bratman, qui parle de l'orthorexie le premier en 1997, il s'agirait surtout d'un comportement extrême qui entraîne une fixation sur la nourriture saine, rejetant systématiquement ce qui ne serait pas intéressant au niveau nutritif et pour la santé, excluant catégoriquement les produits raffinés, transformés et toute idée de nourriture "plaisir". Dans ces cas extrêmes cela pourrait entrainer des problèmes de malnutrition et d'isolement social ( joyeux n'est-ce pas! ).

Sans tomber dans ce genre de dérèglement, je reste persuadé que la meilleure médecine au quotidien se trouve dans une alimentation saine, je présume que je ne trouverais pas d'algorithme ou de formule à 40 inconnus pour une alimentation parfaite ( mais si quelqu'un veut se lancer hein! ) mais quand on constate la catastrophe nutritionnelle que l'on nous propose dans les supermarchés je dois dire qu'il faut tout de même rester vigilant face aux problèmes de santé qu'une alimentation toute prête qui nous facilite tant la vie peut, paradoxalement, la dégrader, voir même la raccourcir. Malgré tout, je ne sacrifierais jamais mes petits plaisirs ultra caloriques du dimanche après-midi quand je fais de bons cheese-cakes, tarte aux noix de pécan ou autres fondants au chocolat ( tant pis pour mes abdos apparents ). Car ce qui, je pense, reste le plus important, c'est de garder le sourire, vous ne pensez pas? 

4 commentaires:

  1. Intéressante réflexion… Personnellement, l’équation reste assez simple dans ma tête malgré tout : manger varié en se goinfrant le plus possible de fruits et surtout de légumes. Une fois que ça c’est fait, on peut bien remplir le peu de place qui reste dans l’estomac avec ce qu’on veut : un peu de viande, de poisson, de fromage selon la production locale, un peu de gras (oléagineux, œufs, huiles variées), des sucres lents et un peu de rapides (oui je sais je suis so 2010) pour se faire plaisir quand besoin est (fruits séchés, chocolat, gâteau maison…).
    Je crois que la variété est le mot clé : oui le lait c’est pas terrible mais si vous en consommez 2 litres par semaine pour une famille de 5 personnes, c’est pas un drame. De plus, c’est surtout la qualité qui prime (vaut mieux boire 2 litres de lait fermier bio et cher plutôt que 6 litres bon marché). Même raisonnement pour le lait de soja, le lait d’amande, etc. Enfin, ça n’engage que moi :-)

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    1. Oui je pense que tu as raison d'avoir ce rapport sain et sensée face à l'alimentation en général. Pour ma part j'essaie au mieux de me raisonner mais c'est parfois difficile avec tout ce qu'on entend ici et là, sutout dans les grandes villes.

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  2. Je rejoins Emilie dans son commentaire. Le plus simple pour manger équilibré est de faire la cuisine soi-même :o)
    Avec des produits bruts et surtout en privilégiant les produits complets (c'est à dire adieu le sucre blanc, le riz blanc, les pâtes blanches ...) Le principal étant d'éviter les produits tout prêts des supermarchés et de se faire plaisir régulièrement même pour un hamburger et des frites !

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    1. Ah bein niveau hamburger j'ai fait un article sur ma 1ère tentative de burger veggie maison et ça a été un franc succès! Etrangement toutes mes préoccupations sur la bonne alimentation ont disparu quand je me suis lancé en cuisine! Bon par contre je n'ai jamais été très fort en équilibre (au vu du nombre de craquages au rayon brioches toutes prêtes chez Monoprix XP) mais j'essaie de me soigner!

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